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Une ferme céréalière

engagée dans la diversification et l'amélioration des pratiques agricoles

Ferme de la Martinière

Les terres de la Martinière sont cultivées par la famille Laureau depuis 1884 et c’est aujourd’hui la 4è génération qui est en charge de la ferme. Entre tentatives de nouvelles cultures, mandat municipal, multiplication de semences et, dans les années 1990, installation d’une compostière, la famille Laureau a toujours été proactive et tournée vers l’avenir. Emmanuel Laureau, qui a repris la ferme en 1986, cultive des céréales (blé, maïs et un peu d’escourgeon), du colza et des betteraves sucrières.

Ferme de la Martinière - Emmanuel LaureauFerme de la Martinière - Emmanuel LaureauFerme de la Martinière - Emmanuel Laureau
Emmanuel Laureau

Après un BTS agricole, Emmanuel a rejoint en 1986 la ferme de la Martinière pour y travailler aux côtés de son père. Pour lui, la reprise de la ferme n'était pas une question et il a poursuivi dans le sillage familial : grandes cultures d'une part et innovations de l'autre.

La ferme

En un coup d'oeil

Ferme de la Martinière

91400 Saclay

Bus 91.10 ou Ligne 9, arrêt La Martinière à 20 min à pied

Vente à la ferme

La ferme ne propose pas de vente à la ferme.

 

Visites

Sauf événements exceptionnels, la ferme ne propose pas de visite.

Une ferme d'un seul tenant

Restée la même depuis 1884

Entre semences et expérimentations

« Lorsque mon arrière-grand-père s’est installé à La Martinière, il cherchait une ferme moins morcelée que celle qu’il exploitait déjà. À l’origine, ses cultures alimentaient Paris pour l’alimentation des chevaux ; ses charrettes faisaient le trajet quotidiennement et revenaient chargées de fumier. La ferme est restée la même au fil des générations, ses 190 ha se transmettant de père en fils.
Après la 2e Guerre mondiale, mon grand-père, a engagé la ferme dans la multiplication des semences pour l’Union Coopérative des Semences de Seine-et-Oise. Mon père, a continué jusqu’en 1975. Il a été affilié au CETA (Centre d’Études de Techniques Agricoles) tout au long de sa carrière, ce qui lui a par exemple valu de faire de nombreux essais de maïs. »

 

 

L’arrivée de la compostière

« Au début des années 1990, plusieurs raisons m’ont poussé à penser que l’installation d’une compostière serait opportune. Parmi elles le fait que le Plateau de Saclay manquait de matière organique et que les paysagistes cherchaient un exutoire pour leurs déchets verts leurs déchets verts. La France n’en était qu’au balbutiements sur le sujet, je suis donc allé voir des exemples de plateformes en Allemagne. Je me suis lancé, avec mon frère revenu sur l’exploitation, en 1992.

Ce qui devait n’être au départ qu’un complément de revenu m’occupe en réalité la moitié du temps. La compostière traite chaque année 25 000 tonnes de déchets végétaux venant essentiellement du sud de Paris et produit 10 à 12 000 tonnes de compost. Nous en vendons une petite partie à des paysagistes, à une société qui réalise des mélanges spécifiques et le reste est vendu aux agriculteurs du Plateau de Saclay. Je fais partie d’un groupe d’agriculteurs-composteurs de différentes régions (car c’est un réseau national) avec qui nous nous réunissons quelques fois par an pour échanger sur nos métiers, nos façons de faire et nos idées d’avenir, par exemple le biochar (charbon de bois pilé) et la méthanisation ou la pyrogazification (bois dans chaudières à 600° pour avoir de l’énergie… ). »

Un avenir incertain

« En 2006, dans l’évolution du Plateau telle qu’elle était planifiée, c’est toute mon exploitation qui devait disparaître. Finalement, je ne serai exproprié « que » de 70 ha, ce qui correspond à plus d’un tiers de mes terres. Je vais perdre une parcelle tout en longueur qui va couper mon exploitation en deux ! Et cette expropriation est due à la nécessité pour l’État de faire de la compensation écologique parce qu’il bétonne par ailleurs. À la place de ces excellentes terres agricoles qui vont abriter une mare pour réintroduire les tritons crêtés de l’étoile d’eau, on a un corridor écologique mis en place sur 20 ha.

Pour essayer de lutter contre ces bouleversement, j’ai lancé un partenariat de travail en commun avec la ferme d’Orsigny, pour le partage des coûts sur le matériel agricole. L’une de mes filles souhaite reprendre l’exploitation, et malgré mes inquiétudes pour l’avenir, je lui souhaite le meilleur. »

Un séchoir à grainsÊtre autonome
Ferme de la Martinière - Emmanuel LaureauFerme de la Martinière - Emmanuel LaureauFerme de la Martinière - Emmanuel Laureau

Côté maïs, mon père a investi en 1968 dans un séchoir. Rares sont les agriculteurs qui en ont encore un, préférant le plus souvent s’adresser à leur coopérative. Il nous permet de sécher nous-même la récolte de nos 70 ha. En octobre pendant les trois semaines les plus intenses, il me demande un gros travail de surveillance : j’y suis de 7h du matin à parfois minuit le soir. Mais ces inconvénients disparaissent devant les avantages : nous sommes autonomes, disposons de notre maïs séché et pouvons ainsi mieux le commercialiser.

 

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