© Jonathan Bondu
Aux portes de Paris

Un territoire agricole historique

Découvrir l'agriculture du Plateau

L’agriculture existe sur le Plateau de Saclay depuis l’Antiquité. Au fil des siècles et des millénaires, elle a évolué, parfois disparu pour mieux réapparaître et se réinventer, souvent à l’avant-garde de son époque. Aujourd’hui, après plusieurs décennies de grandes cultures céréalières, l’agriculture du Plateau tend à se diversifier à nouveau. Désormais protégée durablement de l’urbanisation par la Zone de Protection Naturelle, Agricole et Forestière du Plateau de Saclay prévue par la Loi du Grand Paris, elle cherche à développer des liens toujours plus fort avec les habitants et les usagers du territoire, tout en restant étroitement liée aux autres régions agricoles voisines.

Bêcheurs sur le Plateau de SaclayBêcheurs sur le Plateau de SaclayBêcheurs sur le Plateau de Saclay© Fonds Bailly-Collard
Un territoire agricole

Depuis l'Antiquité

Des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour des vestiges de vie sur le Plateau dès le VIIe siècle avant Jésus-Christ. On retrouve sur le secteur de Moulon, à Gif-sur-Yvette, un village gaulois entier datant du IVe siècle avant JC avec des silos et des greniers. Une villa gallo-romaine découverte sur le même secteur permet de savoir que, chose rare, le blé dur était déjà cultivé sur le plateau à cette époque. Aujourd’hui, des fouilles sont encore en cours et le Plateau n’a pas fini de livrer ses secrets du passé.

Des terres assainies

Grâce aux rigoles

Durant le Moyen-Âge, le Plateau redevient d’abord un espace boisé et marécageux avant d’être défriché au Xe siècle et cultivé à nouveau. Jusqu’au XVIe siècle, on y travaille la terre à la charrue à roue, on y cultive du seigle et de l’avoine et on y trouve de nombreux troupeaux de moutons. Au XIVe siècle, Louis XIV cherchait une solution pour alimenter ses bassins de Versailles. En collectant l’eau du Plateau grâce à un réseau de rigoles et d’étangs, cela a assaini les terres et a permis l’essor de l’agriculture. L’eau ainsi transportée allait à plus de 60km de là et une partie des aqueducs est encore visible aujourd’hui.

Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de l’INRAP.

 

Un système de drainage

Pour le plateau de Saclay

En 1880, d’autres grands travaux sont menés sur le Plateau : des drains sont enterrés à 1 mètre sous terre et permettent encore d’améliorer la qualité des sols. En même temps, l’agriculture se transforme avec l’apparition de la betterave sucrière. Celle-ci remplace la jachère et entraîne la disparition progressive des troupeaux de moutons. La culture de la fraise se développe également. Le Plateau produit enfin beaucoup de paille et de fourrage pour les chevaux parisiens qui en échange fournissent du fumier qui sert à fertiliser les champs.

Après la Première Guerre mondiale, l’utilisation des engrais chimiques et des engins mécaniques se généralise. La culture de la betterave et l’élevage bovin disparaissent, de même que la culture de la fraise qui nécessite trop de main-d’œuvre. Les cultures dans la 2e moitié du XXe siècle sont principalement le blé, l’orge, le colza et le maïs et l’agriculture est de plus en plus mécanisée.

Vers une protection des terres

Et la diversification de l'agriculture

C’est pour répondre à ces enjeux et préserver ces terres exceptionnelles que le premier Périmètre Régional d’Intervention Foncière (PRIF) agricole d’Île-de-France est mis en place au début des années 1990 sur le Plateau de Saclay. Celui-ci donne à l’Agence des Espaces Verts (AEV) un droit de préemption sur 2000 ha de terres agricoles pour préserver leur vocation nourricière. En 2010, la Zone de Protection Naturelle Agricole et Forestière (ZPNAF), dispositif juridique unique en France, voit le jour. Prévue par la loi du Grand Paris du 3 Juin 2010, elle protège durablement 4115 d’espaces naturels et agricoles dont 2354 ha de terres agricoles situées sur le Plateau de Saclay.

Dès 2001, les agriculteurs, soucieux de préserver les terres et la vocation agricole du Plateau et de développer des liens plus vivants avec les habitants, créent une association, Terre et Cité, et interrogent la population du territoire : faut-il maintenir l’agriculture sur le Plateau de Saclay ? La réponse est massivement positive et enthousiaste. Depuis lors, l’accélération des installations et diversifications des agriculteurs sur le Plateau témoigne de l’engouement pour cette agriculture de proximité.
Aujourd’hui, le Plateau de Saclay est un territoire vivant qui présente de multiples facettes, agricoles, académiques, entrepreunariales, étudiantes, urbaines, rurales. L’agriculture tend à se diversifier à nouveau avec l’arrivée de maraîchers, d’un berger ou encore de plantes aromatiques et médicinales. Terre et Cité a mis en place un Groupe d’Action Locale qui bénéficie de financements européens (programme LEADER) pour accompagner des projets agricoles. Ces financements peuvent par exemple permettre l’installation d’agriculteurs, ou les aider dans la construction d’un magasin à la ferme. Depuis quelques années, Terre et Cité a également structuré une démarche Living Lab de recherche-action, pour faire émerger de la rencontre entre les acteurs de la recherche, les agriculteurs et les acteurs locaux les nouvelles perspectives pour l’agriculture de demain.
Focus sur la

Zone de protection naturelle, agricole et forestière

La loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris crée une zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF) à Paris-Saclay. Cette zone rend non urbanisables les espaces naturels et agricoles qui la composent. Ce dispositif législatif unique en France, préserve les exploitations agricoles dans le périmètre concerné, et concilie agriculture et respect de l’environnement en mettant en place une gestion optimisée des espaces boisés et naturels du territoire. La ZPNAF représente 4115 hectares protégés dont 2469 hectares consacrés exclusivement aux activités agricoles et 1646 hectares composés de forêts, cours d’eau, espaces naturels et rigoles.

Découvrez

Les fermes du plateau